Perrin, 2020, 544 p.
Le 11 novembre 1918, au matin, Georges Clemenceau déclare à son chef de cabinet : " Nous avons gagné la guerre, il nous faut maintenant gagner la paix, et ce sera plus dur encore. " En effet, outre la mauvaise volonté allemande, il faudra non seulement compter avec la diplomatie d'équilibre des Britanniques qui ne veulent pas trop affaiblir l'Allemagne au profit de la France, mais aussi avec les ambitions du président américain Wilson dont les principes démocratiques pour la reconstruction du monde – le droit des peuples, l'État-nation, la SDN… – privent les Européens de toute politique d'annexion. Loin d'être à l'apaisement, les années d'après-guerre sont marquées par le trouble et l'incertitude.

La guerre continue à l'Est, dans les pays baltes en 1919, entre la Pologne et la Russie de 1920 à 1921, entre les Turcs et les Grecs de 1919 à 1922, tandis que la guerre civile en Russie cause la mort de 5 à 7 millions de personnes. Surtout, le spectre de la révolution bolchevique, victorieuse en Russie, s'insinue de l'Allemagne à la Hongrie en passant par l'Italie. L'ennemi n'est plus tout à fait le germanisme, mais le bolchevisme, infiltré sous la forme des nouveaux partis communistes d'Europe. Un monde radicalement nouveau est né, une nouvelle ère idéologique coincée entre Wilson et Lénine, deux messianismes à côté desquels la France et la Grande-Bretagne ne tiennent plus le premier rôle. En ces années où prévaut l'illusion d'une paix durable, les instabilités, les aigreurs et les déceptions attisent déjà le feu de la revanche. Clemenceau avait raison : il était plus difficile de gagner la paix que la guerre. Et la France, qui a gagné la guerre, a perdu la paix.

Dans la presse

Sur la forme comme sur le fond, on retrouve les qualités de l’auteur : la clarté et la vivacité de l’expression, l’emploi exemplaire de la citation qui donne au texte bon poids d’humour et de vie, et cet art du récit qu’on retrouve plus souvent sous les plumes anglo-saxonnes que francophones. Bref, un régal de lecture et un concentré d’intelligence historique.

Jean Lopez, Guerres et Histoire, avril 2020

1919-1921. Sortir de la guerre permet à Jean-Yves Le Naour, en concluant ses travaux sur la Grande Guerre, de préparer le terrain pour de nouvelles études sur les plus sombres décennies du XXe siècle. Les artisans du traité de Versailles voulaient une paix éternelle. Ils ont, bien malgré eux, forgé le creuset de la haine. »

VIRGINIE GIROD, Lire, avril 2020

Par cette immersion, Jean-Yves Le Naour donne à son évocation des lumières crues qui font penser à celles de L’ordre du jour d’Eric Vuillard avec ces puissants qui marchandent sur des tables. »

Laurent Lemire, Livres Hebdo, 20 février 2020

Ce livre vivant et engagé n’hésite pas à bousculer nombre d’idées reçues jusque-là. C’est ce qui fait sa richesse. Il ne laisse pas le lecteur indifférent par les thèmes qu’il développe, appuyés sur une grande maîtrise des sources. il doit être lu.

DENIS LEFEBVRE, L’OURS, mai 2020

Comme toujours avec cet auteur nous avons affaire à du solide

Pierre Compagnon, La voix du Jura, 11 juin 2020

Sortir de la guerre aura donc été un des grands échecs des Alliés. Mais, selon l’historien Jean-Yves Le Naour, qui se propose de réétudier cette question délicate et si controversée, digne du rocher de Sisyphe, ce n’est pas aux Français (…) qu’il faut imputer l’échec de cette paix.

Jacques de Saint-Victor, Le Figaro, 4 juin 2020.

En trois grandes parties comme autant de jalons décisifs décidant du sort des populations, il redonne vie en plus de 500 pages, écrites avec un style fluide et incisif, à un contexte historique terriblement complexe.

Véronique DUMAS, HISTORIA, MARS 2020.