--- Guerre 1914-1918 ---

Quand la Grande Guerre rend fou, Grégory Laville / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 2014, 52 mn.

Les soldats de la honte

"Durant la Première Guerre mondiale, nombreux sont les soldats qui ne se sont jamais remis du spectacle quotidien de l'horreur auquel ils ont assisté sur le front. C'est le cas notamment de Baptiste Deschamps qui, dès septembre 1914, s'est retrouvé prostré après un bombardement. Or, les médecins, réfractaires à la psychanalyse, importée d'outre-Rhin, se montrent impuissants face à ce type de souffrance. Promené d'hôpital en hôpital, Baptiste Deschamps se voit appliquer des méthodes douces, avant de subir la technique de Clovis Vincent, étoile montante de la neurologie française, qui consiste à infliger au patient des décharges d'électricité, pour que la douleur physique prenne le pas sur la souffrance psychique..

 

Lire un entretien avec Xavier Ridon sur rue89Bordeaux, 14-18 : les malades psychiques, « soldats de la honte ».

Revue de presse :
" L'histoire du zouave Baptiste Deschamps, retrouvé prostré après un bombardement et devenu le symbole des errements du début de la neurologie en France, sert de fil conducteur à ce documentaire enrichi d'exceptionnelles images d'archives et de belles illustrations. Elle raconte une époque où, pour traiter le trouble de stress post-traumatique (TSPT) de guerre, on eut l'idée d'utiliser de violentes décharges d'électricité. Croyant que faire mal vaincrait le mal…."


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Les français dans la Grande Guerre, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions) et l’ECPAD pour la chaîne Histoire, 2008, 52 mn.

Les français dans la Grande Guerre

Introduction :

1918. Voilà déjà plus de trois ans que la France est en guerre. Pourtant en août 1914, tous les soldats étaient partis pour quelques semaines, quelques mois tout au plus ; ils devaient s’en revenir pour les vendanges selon les optimistes, pour la Noël selon les pessimistes. Mais à l’heure de la nouvelle année 1918, les illusions de la mobilisation sont bien loin : cela fait 41 mois que les poilus piétinent dans la boue des tranchées, qu’ils subissent les bombardements, la peur, le froid, la pluie, les poux, les rats, et l’odeur des cadavres en décomposition dont ils tentent de se protéger en fumant la pipe ou en grillant des cigarettes. « Ça a commencé comme une fête », se souvient le poilu Gabriel Chevallier, mais en 1918, il n’y a plus qu’un immense calvaire dont on ne voit pas la fin.

Avec le temps, un fossé semble s’être creusé entre le front et l’arrière : les soldats qui risquent quotidiennement leur vie considèrent les civils comme des embusqués qui ne sont pas avares du sang des autres et qui profitent de la situation pour s’enrichir ou « faire la vie ». « Ils se la coulent douce à l’arrière, enrage le personnage des Croix de bois de Dorgelès. Ils ne savent pas ce que c’est que la guerre. Personne n’y pense… Pour eux c’est comme si la guerre était à Madagascar où chez les Chinois ». Et la chanson de Craonne confirme :

" C’est malheureux de voir
sur les grands boulevards
tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est drôle
Pour nous c’est pas la même chose ".

L’arrière « se la coule-t-il aussi douce » que les poilus veulent bien le penser ? Le pays oublie-t-il ses enfants aux tranchées ? Y a-t-il deux France, l’une au combat, l’autre qui se désintéresserait de la guerre ? La frustration des poilus qui trouvent insupportable que d’autres continuent à vivre, presque normalement, quand eux souffrent le martyre ne doit pas égarer : si la France continue de tenir en 1918 face à l’Allemagne, c’est parce que tout le pays est uni dans la lutte, parce que chacun est à son poste, à l’avant comme à l’arrière – le soldat aux tranchées, l’ouvrière dans l’usine de guerre. Cette mobilisation humaine, économique et psychologique porte un nom : la guerre totale. Le mot n’est pas encore inventé, on lui préfère l’expression de « guerre intégrale » qu’utilise Clemenceau en 1917, mais le sens est le même : toutes les forces du pays sont au service de la guerre.

Tournées par la section cinématographique de l’armée créée en 1915, ces images exceptionnelles ne nous montrent cependant qu’un versant de la guerre. Au service de l’effort national, elles disent la bonne humeur des soldats à l’avant et la détermination de l’arrière. Elles ne racontent pas le doute, la tristesse, et surtout pas la mort. A nous de nous rappeler que ce qu’elles ne montrent pas est au moins aussi important que ce qu’elles ont l’ambition de prouver.

Revue de presse :
  • Historia, décembre 2008 :
"A visionner assurément."
  • Nouvelobs.com, 15 novembre 2008 :
"Ce documentaire passionnant, diffusé à l'occasion du 90e anniversaire de l'armistice, relate le quotidien des Français, au front et à l'arrière, sous des aspects aussi variés que l'intégration des tirailleurs coloniaux, les relations entre les blessés et leurs infirmières, le traitement de la guerre à l'école, la flambée des prix ou les bombardements de Paris. A ne pas manquer."
  • Le Monde TV, 11 novembre 2008 :
"Les Français dans la Grande Guerre ne raconte pas 14-18 au jour le jour. Les questions diplomatiques et militaires sont à peine évoquées. La mondialisation du conflit, la succession des offensives et des contre-offensives, de même que la valse des gouvernements et des généraux, tout cela est délibérément mis de côté. Pas de récit chronologique donc, mais plutôt un tableau de la vie quotidienne. Autrement dit, la guerre vue d'en bas, à hauteur d'homme. De ce point de vue, la réussite est incontestable. Multipliant les aller-retour entre le front et l'arrière, sans manquer de rappeler le mélange de solidarité et d'incompréhension qui caractérisa les relations entre les poilus et les non-combattants, le film rend parfaitement compte de ce que fut 14-18 : une guerre totale ou, pour reprendre l'expression de Clemenceau, une guerre intégrale."
  • Télérama, 11 novembre 2008 :
"Un commentaire éclairant qui nous prend par l'oreille."
  • Tele7.fr, 9 novembre 2008 :
"Un documentaire exceptionnel qui vous plonge dans le quotidien des soldats au front et celui des civils mobilisés."

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La dernière bataille du soldat inconnu, Christophe Weber (Réalisateur) / Jean-Yves Le Naour (Consultant scientifique) produit par Sunset et l'INA pour France 5, 2008, 52 mn.

Ce documentaire commence en 1914 et s'achève en 1920 avec la cérémonie de l'inhumation d'un soldat inconnu sous l'Arc de triomphe. Il met en avant un véritable scoop qui éclaire le rôle trouble d'un groupe de militants d'extrême droite qui a pesé dans les décisions gouvernementales.

La dernière bataille du soldat inconnu
Extrait d'un article de Jean-Yves Le Naour disponible au format PDF : Le scandale du soldat inconnu
" Vous avez cédé aux menaces » ! C’est en ces termes que le député socialiste Alexandre Bracke apostrophe le gouvernement, le 8 mai 1920, alors que la Chambre débat des crédits concernant l’inhumation d’un soldat inconnu sous l’Arc de triomphe. Mais de quelle menaces s’agit-il, au juste ? Bracke, dont la voix est couverte par les huées de la droite, n’en dira pas plus et, longtemps, cette dénonciation restera incompréhensible. Et pourtant, c’est bien d’un incroyable scandale qu’est issu le Soldat inconnu."
 

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Le soldat inconnu vivant, Joël Calmettes, France, 2004, 55mn. Avec : Pierre Macherez (Anthelme Mangin) et la voix de Denis Lavant Coproduction : Compagnie des Phares et Balises, Arte France, avec la participation de France 2.

Le 1er février 1918, un soldat amnésique est interné à l'asile psychiatrique du Rhône. Tous les moyens sont employés pour l'identifier et le rendre à sa famille. Son portrait s'étale à la une des journaux et est affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles reconnaissent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment départager ces familles qui n'arrivent pas à faire le deuil de leur proche disparu ? Une longue et douloureuse enquête débute. Elle durera tout l'entre-deux-guerres et s'achèvera sur un procès à rebondissements où s'opposent tous ceux et celles qui ont reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains sont fascinés par cet homme sans passé : Jean Anouilh s'empare du fait divers pour écrire son Voyageur sans bagage et la presse baptise rapidement l'amnésique " le Soldat inconnu vivant ". Cette histoire singulière révèle en réalité une profonde souffrance née de la Grande Guerre, une douleur intime et collective : celle du deuil impossible à faire pour les familles des soldats disparus. Dans une société qui voudrait tant oublier et qui n'en finit pas de se souvenir, il n'y a pas plus de certitudes que de corps à pleurer.

 
Revue de presse : 
  • Le Soir (Bruxelles), 10 novembre 2004 : 
"Il a fait fantasmer les familles de disparus de la guerre de 14, et des écrivains, des dramaturges… Poignant. "
  • Le Monde, 7 novembre 2004 :
"Un documentaire passionnant sur la mémoire et les traumatismes de la Grande Guerre… Construit sous la forme d’une fiction, le documentaire parvient à tenir le spectateur en haleine et à recréer le mystère suscité par le cas Anthelme Mangin."
  • Le Berry républicain, 31 octobre 2004 : 
"Un film à voir pour ne pas oublier."

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