--- Histoire du XXe siècle ---

Corée, nos soldats oubliés, écrit par Jean-Yves Le Naour / réalisé par Condon Cédric, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions) et ECPAD, 54 min., 2015.

Corée, nos soldats oubliés

"Qui se souvient aujourd’hui que la France a participé au conflit le plus meurtrier de la Guerre froide : la guerre de Corée ? Une guerre méconnue, replacée ici dans son contexte géopolitique et stratégique et racontée à hauteur d’homme. Quand les témoignages d’anciens combattants du bataillon français font revivre un quotidien marqué par la neige et le froid, mais aussi par la camaraderie entre soldats français et américains."

Prix du public au FIPA (Festival International de Programmes Audiovisuels) 2016 à Biarritz.
 

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Les Français du Jour J, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions),1h30mn., 2014.

Les Français du Jour J

"Au matin du 6 juin 1944, les 177 soldats Français du commando Kieffer participent au débarquement en Normandie aux côtés des 150 000 Américains, Anglais et Canadiens. Ils forment le seul contingent français à débarquer le jour J. Parmi eux, des Normands, des Bretons, des Alsaciens, mais aussi des hommes venus d'outre-mer et des colonies, des ouvriers ou des bourgeois, des juifs, des catholiques, des musulmans ou des athées... Si différents et pourtant si semblables, mais tous mus par un même idéal : vaincre l'Allemagne nazie et libérer la patrie. De leur recrutement en Angleterre en 1941 par le commandant Kieffer jusqu'au Débarquement, puis durant toute la Bataille de Normandie, voici l'histoire de ces hommes héroïques, trop vite retombés dans l'oubli. 70 ans après, les survivants du commando racontent."

 


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Le procès du viol, écrit par Jean-Yves Le Naour / réalisé par Condon Cédric, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 52 min., 2013.

Le procès du viol

"Le 2 mai 1978 s’ouvre à Aix un procès qui va marquer un tournant dans le sort réservé jusque-là aux affaires de viol en France. Un procès rendu possible par la ténacité de deux femmes refusant d’abdiquer devant les pressions d’une société et d’une justice qui préfèrent détourner les yeux. Et le combat d’une avocate – Gisèle Halimi – et des mouvements féministes, qui entendent désormais briser le tabou et changer le regard de la société sur le viol."

Prix du public au festival du film d'histoire de Pessac.
 
Revue de presse:
  • Sorj Chalandon : contrainte par corps, Le Canard enchainé, 5 mars 2014 :
"En ce temps là, le viol était la faute des femmes. Au début des années 70, les hommes le juraient, les policiers le croyaient, la justice le confirmait. La violée était perçue comme consentante. Une jupe courte suffisait à lacérer sa moralité. Sa féminité même était l'instigatrice du crime. Et d'abord en ce temps là, le viol n'était pas un crime."
  • Valérie Trierweiler, Paris Match, 6 mars 2014 :
"L'intervention de Gisèle Halimi parvient à faire de cette affaire un véritable fait de société tandis que les accusés sont défendus par un certain Gilbert Collard. Après le procès d'Aix, le viol ne sera plus jamais considéré comme une agression ordinaire. Quarante ans plus tard, les auteurs de ce documentaire passionnant, Jean-Yves Le Naour et Cédric Condon, ont retrouvé les principaux acteurs de l'époque. A ne pas rater."
  • Télérama, 2014 :
" Pour la première fois, Araceli Castellano et Anne Tonglet reviennent sur la bataille judiciaire qu'elles ont menée. Un combat nourri de leurs blessures intimes et de leur désir de voir disparaître leurs bourreaux alors qu'on les accuse, à l'époque, d'être des tentatrices qui n'ont eu que ce qu'elles méritaient. En replaçant les faits dans le contexte politique et sociologique, deux ans après le procès de Bobigny et la marche vers la dépénalisation de l'avortement, ce documentaire raconte en réalité un procès plus global : celui du viol et d'une société indulgente envers la violence masculine. Une dénonciation qui repose sur des témoignages exceptionnels (Agnès Fichot, qui assistait Gisèle Halimi, Monique Pelletier, ou encore Gilbert Collard, qui défendit les trois violeurs) et des images d'archives explicites. Deux ans après le procès dAix-en-Provence, la loi définissant le viol comme un crime était votée en France."

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On a volé le Maréchal !, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 52 min., 2012.

On a volé le Maréchal !

"Dans la nuit du 19 février 1973, un commando de six hommes pénètre dans le petit cimetière de l'île d'Yeu, ouvre une tombe et enlève le cadavre du maréchal Pétain ! Leur but : foncer sur Verdun pour l'enterrer au milieu des Poilus de 14-18 avec la volonté de réhabiliter spectaculairement la mémoire du maréchal... mais l'opération finit piteusement, le cadavre de Pétain abandonné dans un garage de Saint-Ouen. Les commanditaires de cette opération sont les ténors du pétainisme de l’après-guerre, Tixier-Vignancour en tête. Cette aventure est révélatrice du combat que mène l’extrême droite pour retrouver une place dans le paysage politique d’une France, de la mort de Pétain à la création du Front National en 1973. Un documentaire qui associe archives, témoignages mais aussi scènes de reconstitutions dignes des polars des années 1970. Un documentaire de genre en quelque sorte."

 
Revue de presse:
  • Le Figaro, 26 novembre 2012 :
"Quelle équipée de pieds nickelés ! Jusqu'à leur arrestation dans des conditions rocambolesques. L'histoire pourtant est très sérieuse. Ce fut une affaire d'État. L'historien Jean-Yves Le Naour l'a racontée dans son livre On a volé le maréchal !, où il explore le petit monde de l'extrême droite française, qui a directement inspiré ce film. L'épopée est drôlement bien reconstituée. Mais tout est véridique."

Lire la suite de la revue de presse...

  • Humanité.fr, 25 novembre 2012 :
"Il est parfois difficile de garder son sérieux devant le documentaire de Cédric Condom, réalisé à partir du livre éponyme de Jean-Yves Le Naour. Mais c'est moins le sujet qui prête à rire que le récit par ses protagonistes, du vol de la dépouille de Pétain. "
  • Le Journal du dimanche, 25 novembre 2012 :
"Ce documentaire revient, témoignages de deux des protagonistes à l'appui, sur une affaire qui défraya la chronique. "
  • Télérama, 24 novembre 2012 :
"Le réalisateur Cédric Condom a fait de cet épisode tragi-comique un documentaire-fiction haletant. Il interroge Hubert Massol, aujourd'hui président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, et Michel Dumas,le marbrier qui avait aidé à ouvrir la tombe, et reconstitue avec brio l'ambiance de l'époque. Musique seventies, split screens et gueules tout droit sorties d'un film de Georges Lautner : cette expédition de Pieds Nickelés semble plus vraie que nature. "
  • Guillaume Lévêque, La cliothèque, 18 novembre 2012 :
"Qui pourrait croire qu'un air de comédie légère a pu, un instant, affecter la destinée historique posthume du maréchal Pétain ? Tel a pourtant été le cas, ainsi que le révèle cet étonnant film documentaire que le téléspectateur curieux aura plaisir à découvrir, avec un amusement nuancé de perplexité, lors de sa diffusion sur France 3 le lundi 26 novembre à 23h10."
  • Léa Boschiero, Est Républicain, 13 octobre 2012 :
"L'historien n'est pas un juge qui dit ce qu'il faut penser. L'historien fait ressurgir le passé. Cette histoire est tellement incroyable qu'elle suscite l'ironie. C'est un documentaire atypique car la plupart des films consacrés au Maréchal pétain s'arrêtent à 1945. Celui-ci part de 1945. Le documentaire évoque les pétainistes et l'héritage du maréchal Pétain."

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Nos salles obscures, réalisé par Nicolas LEVY-BEFF, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 52 min., 2012.

Nos salles obscures

"Dans la France des trente glorieuses, le cinéma s'impose comme premier loisir des Français. On s'y rend en famille ou entre amis ; cela tient du rite, comme l'école, l'église ou l'armée, qui réunit toutes les classes sociales. En ce temps-là cette sortie hebdomadaire dépasse de loin le simple fait d'aller voir un film. C'est une sorte de cérémonie joyeuse, rythmée par un rituel, auxquels le public est très attaché ! Aller au cinéma, c'est se retrouver dans sa salle de quartier, découvrir les actualités, "s'ennuyer" devant un documentaire, s'émerveiller avec un dessin animé, siffloter l'air de Jean Mineur et enfin se délecter à l'entracte, d'un cornet glacé. Ce n'est qu'après ces moments, que le film commence, pour la joie des petits et des grands... Distraction populaire et familiale pour certains ou lieu de culture pour d'autres, ces heures passées dans les salles obscures, ont beaucoup compté pour la génération des babys boomers qu'elles ont en quelque sorte façonné. Grâce aux témoignages de passionnés de cette sortie, Nos salles obscures fait renaître avec humour et émotion cette époque où le cinéma était un pectacle complet. Ce film montre aussi combien toutes ces petites salles de cinéma, lieux de rencontre et de socialisation ont été importantes dans la vie des quartiers et dans le cœur de ses habitués. Parmi les intervenants : le journaliste et écrivain Olivier Barrot ou encore l'historien Jean Tulard."

Revue de presse:
  • Alain Riou, Téléobs, 18 octobre 2012 :
"Sans déflorer la conclusion d’un film profond sur un sujet léger, il est permis d’observer, au-delà del’aspect nostalgique qu’a forcément l’évocation d’un paradis perdu, les conséquences du repli de ces temples de la représentation collective, où toutes les catégories humaines allaient vibrer aux mêmes émotions."
  • Guillemette Odicino, Télérama, 13 octobre 2012 :
"Pincement au coeur, aussi, devant les images des premières salles d'art et essai, d'Henri Langlois, ou du tout jeune Bertrand Tavernier et ses potes cinéphiles. Magie d'antan : tous les intervenants ont des étoiles dans les yeux, et l'historien du cinéma Jean Tulard redevient un gosse quand il se souvient de l'affiche des Justiciers du Far West ! On aime aussi quand il cite les titres des films pornos projetés dans ces mêmes salles de quartiers, obligées de passer au X dans les années 1970 pour essayer de survivre... Un documentaire à regarder en dégustant un esquimau glacé."

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Le dernier guillotiné, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 52 min., 2011.

Le dernier guillotiné

"Le 10 septembre 1977, la tête du dernier guillotiné de l'histoire de France tombe sous le couperet. Hamida Djandoubi est l'ultime victime d'une loi moribonde, en dépit d'une légende tenace qui fait de Christian Ranucci (l'affaire du "pull-over rouge") le dernier condamné à mort à avoir été exécuté. La France, partagée entre abolitionnistes et irréductibles vengeurs, est alors le dernier pays d'Europe occidentale à recourir à la peine de mort, qu'elle n'abolira que quatre ans plus tard.... A travers le parcours criminel et le procès de Hamida Djandoubi, reconstitués ici pour la première fois à partir du dossier judiciaire, c'est un épisode méconnu de l'histoire contemporaine qui nous est révélé. Trente ans après la loi du 9 octobre 1981, "Le Dernier guillotiné" nous rappelle aussi que la peine capitale était une sorte de loterie tragique. Car, si Hamida Djandoubi était assurément un meurtrier pervers et cruel, une mauvaise défense et le climat délétère qui règnait à l'époque n'en pesèrent pas moins sur le verdict du jury."

Revue de presse:
  • Politis, 6 octobre 2011 :
«Programmé à l’occasion du trentième anniversaire de l’abolition de la peine de mort (9 octobre 1981), le film s’ouvre et se referme précisément, sur le discours abolitionniste de Badinter à l’Assemblée nationale. Formellement classique (alternance d’archives et de témoignages, caméra subjective en quête de reconstitution, accompagnement musical), ce documentaire rend compte d’un contexte à travers les images d’actualités et les interventions de Jean-Yves Le Naour.»

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  • Le Monde, 2 octobre 2011 :
«Si tout le monde se souvrient de l'affaire Buffet et Bontems, en 1972, de celles de Patrick Henry et de Christian Ranucci, en 1977, peu nombreux sont ceux qui connaissent le nom du dernier guillotiné en France : Hamida Djandoubi, ouvrier agricole de 28 ans originaire de Tunisie, vivant à Marseille. Nous sommes au début des années 1970, Georges Pompidou est président de la République. A l'époque, le thème de la peine de mort fait débat : 63% des Français disent être favorables à son maintien. S'inspirant du livre homonyme de Jean-Yves Le Naour, ce film riche en images d'archives, réalisé par Cédric Condom, retrace la bataille des abolitionnistes au cours des années 1970, en revenant sur les affaires criminelles qui marquèrent les présidences de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing. Ni les images magnifiquement saturées ni la musique n'atténuent la violence des documents sur l'affaire Hamida Djandoubi.»
  • Vincent Arquillière, Télérama, octobre 2011 :
« Entre 1974 et 1981, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, trois hommes furent condamnés en France à la peine capitale. Si l'on se souvient de Christian Ranucci et de l'affaire du pull-over rouge, le nom de Hamida Djandoubi est, lui, vite tombé dans l'oubli. Diffusé à l'occasion du trentième anniversaire de l'abolition de la peine de mort, Le Dernier Guillotiné, d'après le livre de l'historien Jean-Yves Le Naour (éd. First Histoire), s'intéresse au second, exécuté le 10 septembre 1977 (1). Le documentaire retrace d'abord le parcours de Djandoubi, à la façon d'un Faites entrer l'accusé sobre. Un Tunisien débarqué à Marseille en 1968, à l'âge de 18 ans, bien intégré, mais dont la vie bascule trois ans plus tard à la suite d'un terrible accident du travail qui le laisse avec une jambe en moins. Le séducteur devient alors un proxénète violent, qui, en 1974, va séquestrer, violer et torturer une jeune femme, avant d'abandonner son cadavre dans la garrigue. Même si le crime est particulièrement odieux, personne ne croit que l'accusé finira décapité. Mais, ainsi que l'expliquent des témoins de l'époque, une défense mal choisie (son avocat n'a pas l'envergure de Badinter) et un climat délétère exacerbé par les procès très médiatisés de Patrick Henry et de Ranucci joueront en sa défaveur. Comme l'écrit Le Naour, la peine de mort en France n'était alors plus guère qu'« une loterie sanglante », dont Djandoubi aura été l'ultime perdant.»
  • Téléobs, 28 septembre 2011 :
"On la surnomme "l'abbaye de monte-à-regret", "la bascule à Charlot" ou encore "la veuve". La guillotine n'a jamais manqué de petits noms, ni de têtes à décapiter. Hamida Djandoubi, exécuté en septemnbre 177 dans la prison des Baumettes, vient en clore la longue liste. Plus de trente ans après l'exécution de ce manutentionnaire tunisien amputé d'une jambe, son avocat témoigne. La peine de mort pour son client, il n'y croyait pas: "Un homme à qui l'on coupe la jambe, ça m'étonnerait qu'on lui coupe la tête!" Ainsi lâchée, la phrase met mal à l'aise. [...] A en croire les témoignages, on dirait presque un mauvais remake de Dr Jekyll et Mister Hide: avant son accident, Djandoubi était un jeune homme bien intégré et séducteur. Il deviendra après son amputation un proxénète sadique et sans pitié. Mais l'affaire passe presque inaperçue: au même moment, Patrick Henry, dont Robert Badinter sauvera la tête in extremis, Christian Ranucci ou encore Jérôme Carrein, tous tueurs d'enfants, lui volent tristement la vedette. L'opinion publique ne les épargne pas, et le président Giscard d'Estaing non plus: il n'en graciera aucun des trois. "La peine de mort est démagogique", explique Jean-Yves Le Naour, l'auteur du documentaire. En 1981, la peine capitale est abolie en France. [...] Les guillotinés tombent dans l'oubli, Djandoubi le premier. Mais pour Jean-Yves Le Naour, c'est aussi par embarras: "On a sans doute eu honte d'avoir abaissé la justice au niveau des criminels.»

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Bokassa Ier, notre ami l'empereur, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), 52 min., 2011.

Bokassa Ier, notre ami l'empereur, ECPAD

"Ce film est le récit du couronnement le plus absurde de l'histoire, le plus ubuesque de tous les temps, celui de Bokassa Ier, dictateur de Centrafrique et grand admirateur de Napoléon, qui se fit sacrer empereur le 4 décembre 1977, dans une scénographie digne du tableau de David.

Un film entièrement à base d'archives, dont une partie vient d'être déclassifiée par l'armée, à qui l'Elysée avait demandé d'envoyer plusieurs équipes d'opérateurs militaires pour offrir au nouvel empereur le film de son sacre. Un film de famille en quelque sorte!"

 
Revue de presse:
  • Le Figaro, 19 septembre 2011, [En ligne]. Disponible sur Le Figaro :
« France 3 diffuse un étonnant documentaire sur le sacre de Bokassa Ier, empereur de Centrafrique. Cette page, illustration la plus caricaturale de la Françafrique, est certes connue. Mais la grande force du film de Cédric Condom est de renouveler le genre. Plutôt que de céder à la facilité de l 'irrésistible comique de cette cérémonie, il a préféré montrer le tragique d'un peuple livré aux caprices d'un tyran kleptomane et l'aval complaisant de l'ex-puissance coloniale. »

Lire la suite de la revue de presse...

  • Sud-Ouest, 19 septembre 2011 :
« L'idée de ce documentaire n'est pas de revenir sur la carrière de celui qui fut un dictateur hors norme de Centrafrique. Son propos est axé sur ce 4 décembre 1977 où Sa Majesté Bokassa Ier, admirateur de Napoléon, se fit sacrer empereur dans une scénographie digne de David. Grâce aux rushes des films tournés par l'armée, images inédites qui viennent d'être déclassifiées, et aux films de la deuxième chaîne qui envoya sept équipes (!) en Centrafrique, il est possible de raconter la cérémonie dans le détail, de l'analyser, de la disséquer. Et cette radiographie du sacre montre à quel point Bokassa s'est livré ce jour-là à une caricature de certaines dérives de l'Afrique postcoloniale, et constitue un exemple des relations ambiguës qui se tissent entre les anciennes colonies et l'ancienne métropole. Au point que, dans cette affaire, la France est elle-même plongée dans le malaise parce qu'elle se retrouve associée aux délires du dictateur, fournissant costumes, chevaux, carrosses ou cameramen. Mais c'en fut trop, et désormais Bokassa, renversé deux ans plus tard, ne sera plus jamais soutenu par la France. »
  • Télérama, 17 septembre 2011 :
« 4 décembre 1977. Bokassa Ier, dictateur de Centrafrique, se fait sacrer empereur au cours d'une ahurissante journée de célébration qui engloutit un quart du budget annuel du pays. Le cérémonial emprunte autant au faste napoléonien qu'au Grand-Guignol : rien n'est trop clinquant ni trop cher pour satisfaire les exigences mégalomanes de ce grand ami de la France à qui Giscard ne peut rien refuser. Y compris la réalisation du film-souvenir de son sacre par des opérateurs de l'armée française. C'est à partir de ces images récemment rendues accessibles (elles avaient été classées confidentiel-défense pour trente ans) que Jean-Yves Le Naour et Cédric Condom ont construit leur documentaire, se livrant à un travail de décryptage à la fois minutieux et teinté d'ironie. Tout y passe, du carrosse racheté à un producteur de films aux chevaux normands - qui ne survivront pas à la chaleur -, en passant par le trône gigantesque, oeuvre d'un sculpteur français très content de lui.»
  • TVprogramm24.com :
« Tout a été dit ou presque sur Bokassa, dictateur hors norme de Centrafrique. Ce documentaire ne revient pas sur son incroyable biographie mais centre son propos sur ce 4 décembre 1977 où Sa Majesté Bokassa Ier, admirateur de Napoléon, se fit sacrer empereur dans une scénographie digne de David. Grâce aux rushes des films tournés par l'armée, images inédites qui viennent d'être déclassifiées Secret-Défense, et aux films de la deuxième chaîne qui n'envoya pas moins de sept équipes en Centrafrique, il est possible de raconter la formidable cérémonie dans le détail, de l'analyser, de la disséquer. Et cette radiographie du sacre montre à quel point Bokassa s'est livré ce jour-là à une caricature de certaines dérives de l'Afrique postcoloniale, et constitue un exemple des relations ambigües qui se tissent entre les anciennes colonies et l'ancienne métropole. Au point que, dans cette affaire, la France est elle-même plongée dans le malaise parce qu'elle se retrouve associée aux délires abracadabrantesques de Bokassa, fournissant costumes, chevaux, carrosses ou caméraman. Mais c'en était trop, et désormais Bokassa ne sera plus jamais soutenu par la France. En septembre 1979, l'opération Barracuda renverse Bokassa qui n'aura désormais de cesse de se venger. Ironie de l'histoire, dans les rues, la foule en colère crie «Vive la France ! » sur le chemin des paras incrédules. »
  • Le Républicain Lorrain :
« Dans mille ans, on s'en souviendra encore », se réjouissait Bokassa devant le faste de son sacre. Il n'imaginait pas que la stupeur se mêlerait à la consternation. Ce documentaire est construit à partir des images d'archives qui rappellent ces cérémonies et ces émissions spéciales très en vogue à une certaine époque concernant mariages princiers, couronnements ou autre enterrements en grande pompe de têtes souvent couronnées. »
  • Télé Z :
« Le 4 décembre 1977, Bokassa Ier se fait sacrer empereur dans une mise en scène grandiloquente. A travers des images d’archives inédites issues des fonds de l’armée, le documentaire revient sur un événement absurde qui obligea la France alors très proche du dictateur centrafricain à le lâcher.»
  • Télé loisir :
« Un spectacle grandguignolesque et des rappels historiques savoureux. »
  • Télé 7 jours :
« Une bouffonnerie honteuse et ruineuse cautionnée par la France de Valery Giscard d’Estaing. »
  • Journal du dimanche :
« Ubu en Afrique se traduit certainement désormais par Bokassa. Le capitaine de l’armée française s’est fait sacrer empereur le 4 décembre 1977, au cours d’une cérémonie grotesque et pathétique, calquée sur celle de son modèle Napoléon Ier. Un doc écrit par Jean-Yves Le Naour et constitué d’archives parfois inédites, retrace le délire mégalomane du dirigeant centrafricain soutenu d’abord par « papa » de Gaulle, puis « frère » Pompidou avant de l’être par le « cousin » Giscard d’Estaing. […] Derrière le grotesque et le drame, c’est aussi près de trente ans de l’histoire internationale qui défilent. Un miroir consternant. »
  • La Vie :
« Sommet de kitsch et de démesure, et pathétique apogée d’un dictateur mégalomane, le sacre de Jean-Bedel Bokassa en 1977 tient de la mascarade. »

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Filmer la guerre - Filmer la guerre d'Indochine, Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), l’ECPAD, Histoire. Documentaire Série (n°1/2), 52 min., 2009.

Filmer la guerre d'Indochine

Caméra au poing, une arriflex 35 mm à trois objectifs pour changer rapidement de focale, les opérateurs du service cinématographique des armées sont de toutes les opérations en Indochine. André Lebon, Lucien Millet, Lyliane Veyrenc, Gérard Py ou encore Pierre Schoendoerffer sillonnent les rizières, la brousse et la jungle aux côtés des combattants dont ils sont chargés d’immortaliser la geste. Ce ne sont pourtant pas seulement des témoins et encore moins des journalistes, mais bel et bien des soldats de l’image. Pierre Schoendoerffer, qui rêvait de devenir cinéaste, et qui s’est engagé à 23 ans pour couvrir le conflit indochinois revendique ce statut de soldat : « On était des leurs, partageant la même ration, la même pluie, le même soleil et les mêmes balles ». Ces images, parfois d’une grande beauté esthétique, seront ensuite montées, et, accompagnées d’un commentaire, serviront à alimenter des films d’actualité dont le but est d’expliquer la guerre aux Français, de la justifier, de la légitimer. Mais les Français s’en moquent : ce conflit colonial à 13 000 km de la métropole les laissent tout simplement indifférents. Sur le front de la communication, la bataille paraît mal partie. L’armée croyait pourtant au pouvoir souverain de l’image. Les images ne disent toutefois pas tout et ne disent pas forcément la vérité. Certes, elles parlent, mais elles sont aussi une construction, une mise en récit. C’est ce récit de la guerre d’Indochine, à hauteur d’homme, les pieds dans l’eau de la rizière, telle que l’ont vécu des dizaines de milliers d’hommes et telle que l’ont présenté les opérateurs cinématographiques qui fait l’objet de ce film.

Voir sur LCP dans l'émission de Jean-Pierre Gratien "Ou, quand, comment? L'histoire" un débat à propos de la guerre d'Indochine.

Revue de presse:
  • Télé Obs :
« Ce documentaire nous replonge dans les brousses, les jungles, le romantisme pervers qui caractérisent cette guerre. Leur Arriflex 35mm au poing, les opérateurs du Service cinématographie des Armées vont la filmer pour tenter de l’expliquer, de la justifier auprès d’une population que ce conflit à 13 000 kilomètres de la métropole, indiffère. Pour intégrer le SCA, le correspondant doit se porter volontaire. Devenir un soldat de l’image. Porter témoignage en filmant ce qui se passe d’un côté, pas de l’autre. Accepter de ne jamais montrer un cadavre, s’il est français. […] A patauger dans la même boue, à transpirer sous le même soleil, ces jeunes gens vont s’imprégner d’Indochine. Ce qui s’est joué là-bas, l’enlisement dont ils ont été témoins, leur collera à la peau. La plupart de ceux à qui ce documentaire rend hommage sont tombés dans l’oubli. Un seul, pierre Schoendoerffer, est devenu cinéaste. Il sera hanté toute sa vie par la mémoire des soldats perdus des rizières. »

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Filmer la guerre - Filmer la guerre d'Algérie, Condom Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions), l’ECPAD, Histoire. Documentaire Série (n°2/2), 52 min., 2009.

Filmer la guerre d'Algérie

Les Français n’ont jamais rien vu de la guerre d’Algérie. Ils ont vu des jeeps rouler dans le désert du Sahara, des commandos crapahuter dans le djebel, des populations heureuses d’agiter un drapeau tricolore, des militaires à dos de chameau, des marchés débordant de fruits et de légumes, des paysages à la beauté âpre. Ils ont vu une Algérie de carte postale. Seule la paix leur a éclaté à la figure lors des actualités cinématographiques. Ils n’ont jamais vu de combats mais une armée de paix où les soldats ne se battent pas mais sont instituteurs, médecins, terrassiers ou gendarmes. Les militaires oubliés de l’Indochine, dont les gros plans du réalisateur Pierre Schoendoerffer vantaient la beauté dans l’effort, la sueur et la camaraderie virile, ont cédé la place aux plans collectifs de soldats enjoués et souriants, sorte de colonie de vacances pour grands enfants. C’est qu’en combattant le vietminh, en Indochine, l’armée française a découvert ce qu’était la guerre révolutionnaire et les méthodes efficaces de propagande. Elle a compris qu’il n’était pas possible de vaincre sans convaincre, sans avoir le soutien massif du pays mais aussi des populations locales. En créant un bureau spécialisé dans l’action psychologique dès 1955, « véritable Etat dans l’armée » selon Pierre Messmer, le commandement est donc décidé à tout mettre en œuvre pour ne pas connaître à nouveau le drame de Dien Bien Phu. Il faudra commencer par rassurer les Français, notamment les parents des appelés du contingent que le gouvernement envoie en Algérie à partir de 1956 ; leur répéter qu’il n’y a pas de guerre mais uniquement des « événements », que la besogne des militaires sert la cause de la justice. Il faudra ensuite convaincre la population indigène de la puissance de la France, de la pérennité de sa présence et surtout de sa générosité. Le choix est simple : la prospérité et la paix avec la France d’un côté, la ruine et la guerre avec le FLN de l’autre. Les musulmans doivent comprendre que leur intérêt est celui de la métropole coloniale et ne pas suivre les mauvais bergers indépendantistes. Avec cette guerre sans nom, où l’enjeu est le contrôle des populations, le service cinématographique des armées tourne le dos au bricolage et à l’amateurisme pour entrer dans l’ère de la propagande professionnelle, de l’information calibrée, soupesée, préfabriquée. Mais c’est aussi la fin des reporters de guerre, du document pris sur le vif, du témoignage : place à la fiction, à la mise en scène, aux films scénarisés ; place à la communication d’Etat où le narratif l’emporte sur le discursif. Voici la vraie fausse guerre d’Algérie, telle qu’elle a été vendue aux Français de 1954 à 1962.

Voir sur LCP un débat : Algérie : une guerre de propagande, avec Jean-yves Le Naour, Benjamin Stora et Jean-Pierre Guéno dans l'émission Où, quand, comment ? L'histoire.

Revue de presse:
  • Libération, 16 mars 2012 :
"Une guerre ? Non, une campagne de Bisounours, selon l’armée française. Filmer la guerre d’Algérie montre cette propagande."
  • A. Ct, Le Monde TV, 24 janvier 2010 :
"Plus jamais ça. Après le choc de la défaite de Dien Bien Phu le 7 mai 1954, les autorités militaires et politiques françaises veulent tirer les leçons du désastre indochinois. Dorénavant, l'armée française se doit aussi de livrer propagande. [...] Pour rassurer les Français de métropole, plusieurs films de fiction ("Képi bleu"; "Paix en Algérie", avec un incroyable Dominique Paturel dans le rôle-titre, "Au-delà des fusils") sont tournés. Afin de convaincre les populations indigènes de la générosité de la France, on met en place les SAS (sections administratives spécialisées). Ses officiers, que l'on voit déambuler en souriant dans les villages sont au service des populations, et le message est clair : pendant que les fellaghas pillent et tuent, la France soigne, instruit et construit. Inédit, ce documentaire instructif revient sur le rôle essentiel de la propagande militaire pendant les évènements. on y apprend qu'un certain Raymond Depardon a débuté sa carrière de photographe dans les colonnes de "Bled", le journal destiné aux troupes. On rappelle que les images de la vraie guerre sont rares et que la création du service de cinéma aux armées marque la fin du reportage de guerre. Ce n'est qu'en 1961, alors que la fin du conflit n'est plus qu'une question de mois, que les cinéastes de l'armée auront l'occasion de renouer avec le document sur le vif, notamment dans les rues d'Alger."
  • Télé Obs :
« Après le désastre de Diên Biên Phu, en Indochine, l’armée française prend conscience qu’elle ne peut l’emporter en Algérie sans le soutien de la métropole mais aussi de la population locale. Et donc sans une propagande efficace. On éloigne les journalistes : seuls quelques photographes sont « embarqués » avec les troupes, dont le célèbre Marc Flament. Les images de la guerre sont rares, et font place à la mise en scène et à la fiction. Un service cinématographique des armées est créé. L’objectif ? Rassurer les Français. »


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