Guerre 1914-1918 - Histoire du XXe siècle

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La Grande Guerre à travers la carte postale ancienne

HC éditions, 17 octobre 2013.
Plus de 200 cartes postales anciennes, dont certaines inédites, donnent à voir la Grande Guerre, où le « moderne » côtoie encore l’archaïque. Les images sont insolites et poignantes : des chariots d’intendance ou d’infirmerie tirés par des boeufs, des messes en plein air au milieu des décombres, des chasseurs alpins sur des skis de bois. L’observation se fait en montgolfières ou à bord des avions que pilotent des pionniers de l’air, la communication via les premiers téléphones et les dragons défilent sur leurs chevaux à côté de blindés de fortune. Mais plus encore que des champs de bataille ou des ruines, c’est le quotidien des poilus qu’évoquent les cartes postales : photographies prises sur le vif et textes écrits par les soldats à leurs familles malgré la censure, elles sont un témoignage recto-verso d’une époque troublée, dont le souvenir puissant. Sous la plume érudite de Jean-Yves Le Naour, c’est un véritable reportage en noir et blanc qui se déroule au fil des pages..

La Grande Guerre en archives colorisées

Géo-Histoire, 2013, 512 p.
Pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, les éditions GEO publient un livre-événement qui rassemble pour la première fois plus de 500 photographies colorisées avec soin. La plupart ont été prises sur le front par les soldats eux-mêmes mais elles proviennent toutes des archives du Miroir. Ces clichés tissent le fil conducteur d’un récit riche d’anecdotes aussi violentes qu’insolites remarquablement racontées par l’historien Jean-Yves Le Naour. Ces images, capturées entre 1914 et 1920, donnent au lecteur une impression de proximité. Elles « permettent de saisir des instantanés de vies englouties dans une guerre où l’humain ne semble plus avoir sa place » explique l’auteur. Le texte extrêmement vivant de Jean-Yves Le Naour propose au lecteur des repères chronologiques et géographiques très précis de la Première Guerre totale et des deux premières années d’après-guerre. Cette vision panoramique permet de mieux comprendre les grandes étapes d’un conflit qui s’étend des Etats-Unis au Moyen-Orient en passant par l’Afrique.

Le soldat inconnu vivant,

Mauro Lirussi / Jean-Yves Le Naour, Roymodus, 2012, 89 p.

Le soldat inconnu vivant

Entretien avec F. Mayaud, bdgest.com, 3 avril 2012
Le 1er février 1918, un soldat amnésique est interné à l'asile psychiatrique du Rhône. Tous les moyens sont employés pour l'identifier et le rendre à sa famille. Son portrait s'étale à la une des journaux et est affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles reconnaissent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment départager ces familles qui n'arrivent pas à faire le deuil de leur proche disparu ? Une longue et douloureuse enquête débute. Elle durera tout l'entre deux-guerres et s'achèvera sur un procès à rebondissements où s'opposent tous ceux et celles qui ont reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains sont fascinés par cet homme sans passé : Jean Anouilh s'empare du fait divers pour écrire son Voyageur sans bagage et la presse baptise rapidement l'amnésique " le Soldat inconnu vivant". Cette histoire singulière révèle en réalité une profonde souffrance née de la Grande Guerre, une douleur intime et collective : celle du deuil impossible à faire pour les familles des soldats disparus. Dans une société qui voudrait tant oublier et qui n'en finit pas de se souvenir, il n'y a pas plus de certitudes que de corps à pleurer.

Les poilus

Garnier-flammarion, ils ont fait la France, 2012.
Les poilus ? C’est le nom modeste donné aux héros anonymes qui, de 1914 à 1918, dans les tranchées, ont résisté aux assauts allemands. Ils ont été écrasés sous des milliers d’obus, étouffés, la bouche pleine de terre, gazés. Mais, couverts de boue et de sang, ils ont, au coup de sifflet de leurs officiers, escaladé les parapets des tranchées et, offrant leurs corps aux mitrailleuses, ils ont contreattaqué les offensives ennemies. Les Allemands n’ont pu briser ce front, qui a tenu quatre ans, de la Marne à la mer du Nord. Les poilus ont donc sauvé la France du désastre. Mais un million trois cent cinquante mille d’entre eux sont morts dans cet affrontement. À ces pertes considérables, il faut ajouter plus de deux millions et demi de blessés, dont des dizaines de milliers d’amputés, de « gueules cassées », de gazés. Les poilus ? Ce sont ces indomptables, et ces morts, ces disparus, ces corps meurtris, défigurés. Et ce sont ces familles orphelines, le souvenir et la souffrance au coeur. La France victorieuse de 1918 porte ainsi, au flanc, une plaie béante. Chaque commune a dressé s ur une place ou dans le cimetière un monument aux morts, aux poilus. Il représente l’un d’eux, qui, baïonnette au canon, appelle ses camarades à le suivre. Le « souvenir français » – une association s’est donné ce nom – n’oublie pas ceux qui sont « morts pour la France ».

1914 : la grande illusion

Perrin, 2012, 404 p.

Disponible en poche, collection « Tempus », Perrin, 2016, 480 p.

A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des événements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur : les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l’armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats 
allemands coupent les mains des enfants durant l’invasion, etc.…

Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l’attentat de Sarajevo, l’assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des événements ignorés habituellement de l’historiographie : l’hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d’éviter sa destruction dans des combats ; l’incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s’en remettent à l’irrationnel pour se rassurer ! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là !). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve : les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés…. A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses.

Désunion nationale : la légende noire des soldats du Midi

Vendémiaire, 2011, 192 p.

Disponible en poche, collection « Echo », vendémiaire, 2013, 192 p.


Le 21 août 1914, près de Nancy, le XXe corps, un bataillon lorrain, et le XVe, composé en majorité de soldats marseillais, se voient confrontés à un terrible tir de barrage de l'artillerie allemande. En quelques heures, les troupes engagées sont décimées : dans certaines compagnies, on compte 80 % de pertes. C'est la retraite, catastrophique, et la fin du plan de campagne de Joffre : les Allemands déferlent par les plaines du nord et la Picardie.





Dans ces premières semaines de guerre où tout se joue, l'État-major et le gouvernement cherchent des boucs émissaires. Ce seront les soldats du Midi. En pleine Union sacrée, l'antagonisme resurgit, viscéral, entre la France du nord et celle du Sud, nourri de préjugés racistes issus du XIXe siècle et diffusés jusque dans la littérature populaire comme en témoigne la figure de Tartarin de Tarascon. L'affaire du XVe corps empoisonnera les esprits pendant toute la durée du conflit, provoquant à Paris interpellations à la Chambre, démissions et règlements de comptes politiques, et dans les tranchées humiliations, persécutions, voire exécutions arbitraires contre des combattants accusés d'être, par nature, de mauvais patriotes.

Les soldats de la honte

Perrin, 2011, 276 p.

Grand-Prix du livre d’histoire Ouest-France-Société Générale 2011 et prix de l’Académie de Médecine Jean-Charles Sournia 2011.

Disponible en poche, collection « Tempus », Perrin, 2013.

Placés dans des conditions effroyables, confrontés au spectacle quotidien de la mort, bien des poilus ne se sont jamais remis de ce baptême de l'épouvante. Certains sont restés hagards à vie, hurlant, criant sans raison apparente; d'autres sourds, pliés en deux, incapables de se relever. En Angleterre, on appelle ce syndrome: le shell shock. Ces blessés-là furent si nombreux qu'on estime pour la seule France leur chiffre au minimum à 100 000. D'abord on ne sut pas quoi en faire. Puis les médecins se sont penchés sur leurs cas, convaincus qu'ils mentaient. Pour le vérifier, l'un d'eux imagine de les soigner à l'électricité , un choc pour un autre choc… On baptise cette technique le « torpillage » ! 

Baptiste Deschamps qui ne se sent pas fou refuse ce soin qui est abominable de surcroît et fait horriblement souffrir ! Un député vient à son secours et déclenche une bataille médiatique d'une ampleur immense qui rappelle un temps celle de l'affaire Dreyfus. Le poilu gagnera son procès mais la médecine têtue et ignorante poursuit ses expériences avec le soutien du gouvernement! Et d'ailleurs qui écouterait les divagations d'un certain Freud, cet autrichien pour qui la guerre explique seule ces névroses nouvelles ? Car, pour les aliénistes, nul doute que la folie est bien dans le camp des Allemands! Cette histoire, on va la revivre des années plus tard, nous explique Jean-Yves Le Naour, lors de la guerre du Vietnam dont le film Bird a popularisé le drame des G I plongés dans une guerre qui les prit tout entiers, corps et âmes…

Fusillés : enquête sur les crimes de la justice militaire

Larousse, 2010, 332 p.
Là-bas, aux abords de Souain, en mars par un froid matin, ils ont assassiné mon papa… écrit la petite Jeannette, dont le père, le caporal Maupas, est fusillé le 17 mars 1915. Fusillé aussi, François-Marie Laurent, pour ne connaître que le breton et n'avoir pas compris les ordres qu'on lui donnait en français. Fusillé, Jean Jaeglé, pour avoir porté presque le même nom qu'un espion allemand. Fusillés, les soldats de Verdun accusés par un médecin trop zélé de mutilations volontaires… De 1914 à 1918, plus de 2 300 soldats français ont été condamnés à mort, et 600 environ effectivement exécutés. Le plus souvent, dans un seul but : galvaniser l'énergie des troupes. Dans la plupart des cas, l'effet produit fut exactement inverse, l'écoeurement et l'indignation de leurs camarades éclatant au grand jour devant des condamnations aussi arbitraires. Alertées, informées et encouragées par les récits de ces compagnons d'infortune, parfois bien postérieurs aux faits, les familles ont cherché, dans l'entre-deux-guerres, malgré la honte qu'elles ressentaient et les pesanteurs administratives, à réhabiliter ces hommes morts pour rien. A travers archives et témoignages, cet ouvrage poignant de Jean-Yves Le Naour, historien reconnu de la Première Guerre mondiale, est un monument à la mémoire de cinquante victimes d'une machine militaire devenue inhumaine.

Les français dans la Grande Guerre

Condon Cédric / Jean-Yves Le Naour, produit par Emmanuel Migeot (Kilaohm productions) et l’ECPAD pour la chaîne Histoire, 2008, 52 mn.
1918. Voilà déjà plus de trois ans que la France est en guerre. Pourtant en août 1914, tous les soldats étaient partis pour quelques semaines, quelques mois tout au plus ; ils devaient s’en revenir pour les vendanges selon les optimistes, pour la Noël selon les pessimistes. Mais à l’heure de la nouvelle année 1918, les illusions de la mobilisation sont bien loin : cela fait 41 mois que les poilus piétinent dans la boue des tranchées, qu’ils subissent les bombardements, la peur, le froid, la pluie, les poux, les rats, et l’odeur des cadavres en décomposition dont ils tentent de se protéger en fumant la pipe ou en grillant des cigarettes. « Ça a commencé comme une fête », se souvient le poilu Gabriel Chevallier, mais en 1918, il n’y a plus qu’un immense calvaire dont on ne voit pas la fin.
Avec le temps, un fossé semble s’être creusé entre le front et l’arrière : les soldats qui risquent quotidiennement leur vie considèrent les civils comme des embusqués qui ne sont pas avares du sang des autres et qui profitent de la situation pour s’enrichir ou « faire la vie ». « Ils se la coulent douce à l’arrière, enrage le personnage des Croix de bois de Dorgelès. Ils ne savent pas ce que c’est que la guerre. Personne n’y pense… Pour eux c’est comme si la guerre était à Madagascar où chez les Chinois ». Et la chanson de Craonne confirme :

C’est malheureux de voir
sur les grands boulevards
tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est drôle
Pour nous c’est pas la même chose .

L’arrière « se la coule-t-il aussi douce » que les poilus veulent bien le penser ? Le pays oublie-t-il ses enfants aux tranchées ? Y a-t-il deux France, l’une au combat, l’autre qui se désintéresserait de la guerre ? La frustration des poilus qui trouvent insupportable que d’autres continuent à vivre, presque normalement, quand eux souffrent le martyre ne doit pas égarer : si la France continue de tenir en 1918 face à l’Allemagne, c’est parce que tout le pays est uni dans la lutte, parce que chacun est à son poste, à l’avant comme à l’arrière – le soldat aux tranchées, l’ouvrière dans l’usine de guerre. Cette mobilisation humaine, économique et psychologique porte un nom : la guerre totale. Le mot n’est pas encore inventé, on lui préfère l’expression de « guerre intégrale » qu’utilise Clemenceau en 1917, mais le sens est le même : toutes les forces du pays sont au service de la guerre.
Tournées par la section cinématographique de l’armée créée en 1915, ces images exceptionnelles ne nous montrent cependant qu’un versant de la guerre. Au service de l’effort national, elles disent la bonne humeur des soldats à l’avant et la détermination de l’arrière. Elles ne racontent pas le doute, la tristesse, et surtout pas la mort. A nous de nous rappeler que ce qu’elles ne montrent pas est au moins aussi important que ce qu’elles ont l’ambition de prouver.

Le soldat inconnu : la guerre, la mort, la mémoire

Gallimard, Découvertes (n°531), 2008, 112 p.
1,4 million de morts dont 350 000 disparus, pulvérisés sur les champs de bataille, 300 000 corps sans identité, jetés à la hâte dans des fosses communes ou sommairement inhumés par leurs camarades d'infortune. Contemplant la vanité d'une victoire arrachée par le sacrifice de tant de ses enfants, la France en deuil est incapable de tourner la page, écrasée par l 'ampleur du massacre et par le poids du souvenir. En novembre 1920, un poilu, exhumé du champ de bataille, est choisi pour rendre hommage aux morts et perpétuer leur souvenir. Étonnant symbole d'une nation victorieuse que ce soldat inconnu, cadavre anonyme allongé sour un Arc de triomphe transformé en tombeau. Un symbole qui, durant un demi-siècle, suscite la polémique : est-il un héros ou une victime? un exemple ou un martyr? Les nationalistes se réclament du lui tout autant que les communistes ; les collaborateurs de Vichy lui rendent hommage et les résistants l'enrôlent dans l'armée des ombres.

Cartes postales de poilus

Avec Georges Klochendler, First, 2008, 143 p.
La Grande Guerre racontée par les mots simples et déchirants des soldats. Durant la Première Guerre mondiale, des centaines de millions de cartes postales ont été envoyées. Elles nous révèlent mieux que tout autre document comment l'engagement, le combat, la séparation et l'attente furent vécus par les soldats français et leurs familles. De cette sombre période de l'histoire collective, ce sont les petites histoires individuelles et criantes d'humanité qui vous sont dévoilées ici. Chacune d'entre elles nous rappelle l'enjeu psychologique de ces événements. Leurs textes authentiques et sensibles vous plongent dans le quotidien des hommes qui s'engagèrent pour la France au péril et pour beaucoup au sacrifice de leur vie.

Nostradamus s’en va-t-en guerre : 1914-1918

Hachette littératures, 2008, 188 p.
Imagine-t-on qu’à la veille de fuir la capitale, le 2 septembre 1914, le gouvernement français convoque Mme Fraya, une voyante mondaine, pour lui demander si l’ennemi s’emparera de Paris ? Sait-on que le président Raymond Poincaré a reçu cette même Mme Fraya à l’Élysée en 1917 pour lui poser des questions sur la fin de la guerre ? Ou encore qu’il a reçu une jeune bergère vendéenne qui, se croyant une nouvelle Jeanne d’Arc, prétendait avoir reçu de Dieu la mission de bouter l’ennemi hors de France ? De 1914 à 1918, une flambée de prophétisme et de voyance saisit en effet les Français qui tentent de se rassurer comme ils peuvent en déchiffrant les quatrains de Nostradamus et les lignes de la main, en interrogeant les esprits, les boules de cristal ou le marc de café, tandis que les poilus, dans les tranchées, communient dans des rituels magiques censés les protéger de la mort. En ces temps d'angoisse, les contemporains s'en remettent tout simplement à l'occulte pour mieux supporter le présent et espérer enfin en l'avenir. Jean-Yves Le Naour rend compte ici d’une culture populaire, longtemps ignorée par les historiens, et offre une nouvelle approche pour la compréhension du premier conflit mondial.
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