Hachette Littératures, Essais, 2007, 377 p.Prix Henri Hertz 2008 décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.
Prix Henri Hertz 2008 décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.
L’affaire Malvy : le Dreyfus de la Grande Guerre, Leonard V. Smith, Revue électronique du centre d’histoire de Sciences Po, n° 5, mai-août 2008.
Qui connaît Louis-Jean Malvy ? Celui qui fut pour la gauche un nouveau Dreyfus, un martyr du républicanisme est aujourd'hui oublié. Etoile montante du parti radical, ministre de l'Intérieur de 1914 à 1917 et artisan de l'Union sacrée, Malvy s'est efforcé d'obtenir la paix sociale dans la France en guerre en négociant avec la CGT tout en contrôlant les pacifistes plutôt qu'en les arrêtant. En 1917, quand la crise du moral survient, la droite nationaliste le désigne comme bouc émissaire pour expliquer tout à la fois l'échec du chemin des Dames, les mutineries des poilus, les grèves ouvrières et le développement du pacifisme. La Ligue royaliste d'Action française s'acharne : violeur, cocaïnomane, espion, amant de Mata Hari… les accusations les plus folles sont lancées contre le ministre qui doit démissionner sous les coups d'un Clemenceau exploitant cyniquement cette crise politique pour parvenir au pouvoir. Traduit en Haute Cour de justice en 1918, Malvy est condamné à cinq ans de bannissement au terme d'un procès inique qui constitue, pour la droite, la revanche sur l'affaire Dreyfus. Dans un pays en guerre rassemblé derrière un chef pour qui la fin justifie les moyens, l'innocence et la justice ne pèsent pas lourd face à la raison d'Etat. A travers le récit de l'affaire Malvy, Jean-Yves Le Naour s'attaque au mythe de l'Union sacrée et montre comment s'opère le basculement à droite de la France en guerre.
Qui connaît Louis-Jean Malvy ? Celui qui fut pour la gauche un nouveau Dreyfus, un martyr du républicanisme est aujourd'hui oublié. Etoile montante du parti radical, ministre de l'Intérieur de 1914 à 1917 et artisan de l'Union sacrée, Malvy s'est efforcé d'obtenir la paix sociale dans la France en guerre en négociant avec la CGT tout en contrôlant les pacifistes plutôt qu'en les arrêtant. En 1917, quand la crise du moral survient, la droite nationaliste le désigne comme bouc émissaire pour expliquer tout à la fois l'échec du chemin des Dames, les mutineries des poilus, les grèves ouvrières et le développement du pacifisme. La Ligue royaliste d'Action française s'acharne : violeur, cocaïnomane, espion, amant de Mata Hari… les accusations les plus folles sont lancées contre le ministre qui doit démissionner sous les coups d'un Clemenceau exploitant cyniquement cette crise politique pour parvenir au pouvoir. Traduit en Haute Cour de justice en 1918, Malvy est condamné à cinq ans de bannissement au terme d'un procès inique qui constitue, pour la droite, la revanche sur l'affaire Dreyfus. Dans un pays en guerre rassemblé derrière un chef pour qui la fin justifie les moyens, l'innocence et la justice ne pèsent pas lourd face à la raison d'Etat. A travers le récit de l'affaire Malvy, Jean-Yves Le Naour s'attaque au mythe de l'Union sacrée et montre comment s'opère le basculement à droite de la France en guerre.

Des récits de rêves érotiques, des conseils de masturbation, des photos pornographiques, des poils pubiens ou des flacons de sperme joints au courrier… : la correspondance de Constant et de Gabrielle, époux séparés par la guerre, ne ressemble assurément à aucune autre. D'abord réformé en raison de sa santé fragile, Constant M. est mobilisé en février 1915. La mort dans l'âme, il quitte son village jurassien, son commerce de vins, et sa femme Gabrielle. Dès le début, les lettres sont quotidiennes. Elles racontent l'horreur des tranchées, les espoirs d'une fin prochaine de l'hécatombe, implorent le secours du Petit Jésus et de la Vierge. Les prières partagées, les médailles miraculeuses, tentent de conjurer le malheur. Mais, menacé par la dépression, Constant souffre trop. Il dévoile peu à peu l'étendue de sa frustration, tout en se refusant à aller voir les prostituées, comme sa femme le lui conseille. Gabrielle l'encourage à se confier davantage. Les prières cèdent alors la place aux confidences érotiques, les médailles à des colis plus singuliers : recettes de jouissance, photos et objets sexuels…
De 1917 à 1922, une épidémie de lettres anonymes s'abat sur la ville de Tulle. Glissés dans les paniers des ménagères, abandonnés sur les trottoirs, les rebords des fenêtres et jusque sur les bancs des églises, ces centaines de courriers qui dénoncent l'infidélité des uns, la mauvaise conduite des autres alimentent toutes les conversations. Peu à peu, une atmosphère de suspicion empoisonne la ville : quel est donc ce mystérieux anonyme ? Que recherche-t-il ? Quand un greffier de la préfecture, troublé par la réception d’une lettre anonyme, perd la raison et meurt au cours d’une crise de démence, l’enquête policière s’accélère et la presse nationale se précipite à Tulle à la recherche d’un fait divers qui puisse passionner autant les Français que le procès de Landru qui vient de s’achever. Les feuilles à scandale ne se trompent pas : l’affaire des lettres anonymes de Tulle se révèle machiavélique et l’instruction riche en rebondissements, du suicide – ou de l’assassinat – d’une présumée coupable à la grande dictée des suspects organisée par un expert graphologue en passant par le dessaisissement du juge qui a eu la mauvaise idée de faire appel à un voyant pour y voir plus clair. Une fois le coupable identifié, ce fait-divers qui a défrayé la chronique aurait pu être oublié s’il n’avait servi de source d’inspiration à Henri-Georges Clouzot pour réaliser Le Corbeau en 1943, un film noir et maudit, peut-être le chef-d’œuvre du cinéma des années noires que les censeurs de la Libération ont stigmatisé pour avoir donné une image peu reluisante de la France occupée. Si le Corbeau a durablement éclipsé l’histoire dont il est issu, l’affaire des lettres anonymes de Tulle mérite mieux que l’oubli car la réalité, noire, surprenante, diabolique, dépasse sans doute la fiction de Clouzot.
Marseille 1914-1918 de Jean Yves le Naour édité par les Editions Qui Vive est un remarquable ouvrage historique qui retrace la vie des Marseillais durant les sombres heures de la Grande Guerre. Fresque sociale saisissante autant que livre de mémoire, il brosse en même tant un édifiant panorama des méandres et détours de l’âme humaine. En nous dévoilant les petites et grandes réalités de l’Histoire, l’ensemble nous renvoie en plein visage le reflet changeant de nos courages et de nos lâchetés. En effet, l’atmosphère particulière dans laquelle baigna la ville de Marseille tout au long des combats, surlignée par un usage intelligent d’extraits de journaux de l’époque, y est formidablement rendue.
Ce sont les conservateurs qui proposent en 1848 le vote familial, véritable stratagème électoral destiné à dépouiller le suffrage universel de ses potentialités réformatrices. Grâce à ce nouveau mode de scrutin, le père de famille peut déposer dans l'urne autant de bulletins de vote qu'il a d'enfants ; le célibataire, réputé politiquement plus à gauche que l'homme marié, ne vote qu'une fois, et la femme ne s'exprime que par l'intermédiaire des enfants qu'elle donne à son mari ! Ce projet ne restera pas dans les limbes : il est activement défendu pour éviter le vote des femmes. En 1923, les députés adoptent à une forte majorité le principe du vote familial ; en 1940, il se retrouve en bonne place dans le projet de constitution du régime de Vichy ; aujourd'hui encore, certains membres du Front national revendiquent cet héritage. Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti nous proposent une histoire politique et sociale renouvelée du droit de vote, à l'heure où les démocraties occidentales constatent une hausse sans cesse croissante de l'abstention électorale. Un regard salutaire sur une idée étonnante formulée pour vider de son sens le vote individuel.
Marcelle Lerouge a treize ans lorsque la guerre éclate. Elle commence alors à tenir un journal, qui est découvert par sa famille bien après sa mort, survenue en 1974. Ce journal constitue un témoignage exceptionnel sur les représentations du conflit à l'arrière, sous l'influence de la presse d'information, de la rumeur publique et de la propagande officielle. Dans cette " guerre de la civilisation contre la barbarie ", non seulement la France ne peut pas perdre mais la victoire doit être totale et tout doit être mis en œuvre pour lutter contre un ennemi dématérialisé et déshumanisé. Commencé le 1er août 1914, au premier jour de la guerre, le journal s'achève le 11 novembre 1918 avec le sentiment qu'une période exceptionnelle est close. " Le témoignage de Marcelle Lerouge exprime très clairement, avec la naïveté d'une adolescente, ce qu'une grande partie des Français ont ressenti, vécu et pensé de la guerre. Il porte l'espoir d'un monde plus beau paradoxalement bâti dans la haine et le sang. " Jean-Yves Le Naour.
Après la Première Guerre mondiale, les Allemands organisent une campagne de propagande internationale contre la présence de troupes coloniales françaises dans leur pays : c'est la « honte noire ». Elle repose sur des accusations mensongères de viols systématiques des femmes blanches par les soldats africains en Rhénanie occupée. Ces attaques racistes visent à convaincre l'opinion publique internationale - notamment nord-américaine, sensible à la question noire - et les gouvernements étrangers que la France est une ennemie de la Kultur et de la civilisation européennes. Haineux et militaristes, les Français mépriseraient les Allemands au point de les faire « garder » par des Noirs, et désireraient abâtardir leur race par le mélange des sangs et la contamination syphilitique ! Cette propagande a une postérité : pour expliciter sa conception de la pureté raciale, Hitler utilise la « honte noire » dans Mein Kampf.
Le 1er février 1918, un soldat amnésique est interné à l'asile psychiatrique du Rhône. Tous les moyens sont employés pour l'identifier et le rendre à sa famille. Son portrait s'étale à la une des journaux et est affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles reconnaissent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment départager ces familles qui n'arrivent pas à faire le deuil de leur proche disparu ? Une longue et douloureuse enquête débute. Elle durera tout l'entre-deux-guerres et s'achèvera sur un procès à rebondissements où s'opposent tous ceux et celles qui ont reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains sont fascinés par cet homme sans passé : Jean Anouilh s'empare du fait divers pour écrire son Voyageur sans bagage et la presse baptise rapidement l'amnésique " le Soldat inconnu vivant ". Cette histoire singulière révèle en réalité une profonde souffrance née de la Grande Guerre, une douleur intime et collective : celle du deuil impossible à faire pour les familles des soldats disparus. Dans une société qui voudrait tant oublier et qui n'en finit pas de se souvenir, il n'y a pas plus de certitudes que de corps à pleurer.

La pratique de l'avortement s'est très largement répandue au XIXème siècle, en rapport avec les profondes mutations sociales et matérielles de la nouvelle civilisation industrielle.
La revendication du droit à l'avortement va néanmoins se faire entendre. D'abord par la reconnaissance de l'avortement thérapeutique, en 1852. Défendu ensuite dans une perspective révolutionnaire par les néo-malthusiens de la Belle Époque, le droit des femmes à disposer de leur corps finit par s'imposer au début des années 1970, entraînant avec lui un débat passionné qui ne cessera pas avec le vote de la loi Veil.
Ce volume aborde les grands thèmes de l'histoire politique de la France depuis 1940, tels qu'ils sont étudiés en DEUG, dans les instituts d'études politiques et dans les classes préparatoires. Les thèmes essentiels s'y rapportant sont présentés, dans les conditions des épreuves écrites et orales, à travers des sujets analysés et commentés, complétés par des encadrés qui vous apportent des conseils concrets. Cet ouvrage facilite l'apprentissage et la maîtrise des connaissances tout en constituant un outil d'entraînement efficace pour vos TD et examens.
La Grande Guerre porte l'espoir d'une France lavée de l'humiliation de la défaite de 1870 et purgée du péril « pornographique » de la Belle Époque : on fustige la nation des plaisirs et de la dégénérescence, coupable de compromettre la victoire. Et l'on soupçonne en premier lieu la loyauté des femmes - « marraines », adultères, prostituées, infirmières ou employées d'usines-, accusées de corrompre le soldat. Propulsée au cœur du conflit, la morale sexuelle sacralise en effet le « poilu » viril et chaste qui arrachera la victoire au péril de sa vie. Mais elle méconnaît l'immense frustration affective et sexuelle des combattants, et le trouble que provoque le culte de la virilité chez des hommes amoindris par la solitude, le sang et la mort. 



















