La Grande Guerre racontée par les mots simples et déchirants des soldats. Durant la Première Guerre mondiale, des centaines de millions de cartes postales ont été envoyées. Elles nous révèlent mieux que tout autre document comment l'engagement, le combat, la séparation et l'attente furent vécus par les soldats français et leurs familles. De cette sombre période de l'histoire collective, ce sont les petites histoires individuelles et criantes d'humanité qui vous sont dévoilées ici. Chacune d'entre elles nous rappelle l'enjeu psychologique de ces événements. Leurs textes authentiques et sensibles vous plongent dans le quotidien des hommes qui s'engagèrent pour la France au péril et pour beaucoup au sacrifice de leur vie.
Imagine-t-on qu’à la veille de fuir la capitale, le 2 septembre 1914, le gouvernement français convoque Mme Fraya, une voyante mondaine, pour lui demander si l’ennemi s’emparera de Paris ? Sait-on que le président Raymond Poincaré a reçu cette même Mme Fraya à l’Élysée en 1917 pour lui poser des questions sur la fin de la guerre ? Ou encore qu’il a reçu une jeune bergère vendéenne qui, se croyant une nouvelle Jeanne d’Arc, prétendait avoir reçu de Dieu la mission de bouter l’ennemi hors de France ? De 1914 à 1918, une flambée de prophétisme et de voyance saisit en effet les Français qui tentent de se rassurer comme ils peuvent en déchiffrant les quatrains de Nostradamus et les lignes de la main, en interrogeant les esprits, les boules de cristal ou le marc de café, tandis que les poilus, dans les tranchées, communient dans des rituels magiques censés les protéger de la mort. En ces temps d'angoisse, les contemporains s'en remettent tout simplement à l'occulte pour mieux supporter le présent et espérer enfin en l'avenir. Jean-Yves Le Naour rend compte ici d’une culture populaire, longtemps ignorée par les historiens, et offre une nouvelle approche pour la compréhension du premier conflit mondial.
Disponible en version augmentée et illustrée, First, novembre 2013
La première guerre mondiale pour les Nuls poche, 2016, 320 p.
Le petit livre de la Grande Guerre, J’ai Lu (J’ai Lu documents), 2014.
Version petit format chez First : La Grande Guerre (Le petit livre de…),2008, 156 p.
Un ticket pour l'enfer de 14-18 Fermez les yeux et humez l'air suffocant du front, lourd d'acier, de poussière et de gaz. Écoutez le tonnerre des obus qui retournent la terre du no man's land et le choc sonore des gros percutants. Regardez les poilus aux visages tendus et graves, tandis que l'officier s'apprête à donner l'assaut. Cet enfer-là, 8 millions de soldats français l'ont vécu il n'y a pas cent ans. Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer l'incroyable endurance des combattants ? Et surtout, comment une guerre que l'on croyait la «der des der» a creusé un long sillon de douleur en faisant le lit de futurs conflits ? Ce livre retrace les quatre années qui ont bouleversé le monde et qui ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues. Ouvrage tout public.
Avec la mort du dernier Poilu, c’est une page de la mémoire du premier conflit mondial qui se tourne, l’année même où l’on commémore le 90° anniversaire de l’armistice. Jamais la Grande Guerre, n’aura connu un tel regain d’intérêt. Mais de quoi se souvient-on ? Et pourquoi se souvient-on ? Ce dictionnaire en dessine un portrait sensible, grâce à de nombreux textes consacrés au quotidien : les bruits et les odeurs de la guerre, les poupées Nénette et Rintintin ou bien encore les séances de spiritisme côtoient les récits des batailles de Verdun ou de la Somme, les biographies de figures célèbres, Clemenceau, Wilson ou Lloyd Gorge.
Dirigée par Jean-Yves Le Naour, spécialiste de la Grande Guerre, auteur de nombreux articles et ouvrages sur cette période (le Soldat inconnu vivant, Misère et tourments de la chair durant la Grande Guerre, etc…), une quinzaine d’historiens a ainsi dressé, en 250 notices, un panorama complet et original de la Grande Guerre. Ouvrage tout public.
Ce documentaire commence en 1914 et s'achève en 1920 avec la cérémonie de l'inhumation d'un soldat inconnu sous l'Arc de triomphe. Il met en avant un véritable scoop qui éclaire le rôle trouble d'un groupe de militants d'extrême droite qui a pesé dans les décisions gouvernementales.
En 1916, le Christ apparaît à une bergère vendéenne et lui confie la mission de bouter les Allemands hors de France. Surnommée " la nouvelle Jeanne d'Arc ", la jeune Claire Ferchaud suscite tout d'abord l'enthousiasme des croyants qui espèrent en l'intervention divine pour que la victoire soit donnée à la France, " fille aînée de l'Église ". Mais la République laïque et anticléricale n'est pas une fille obéissante, et si le président Poincaré reçoit la bergère à l'Élysée, sa mission militaire et religieuse est bloquée par les autorités publiques. C'est que l'affaire est politique : pour que la France soit victorieuse, le Christ a exigé que le pays se repente de ses erreurs républicaines et place son Sacré Cœur sur le drapeau national. Derrière cette histoire singulière, se profilent des luttes de pouvoir entre l'Église et l'État mais aussi, à l'intérieur de l'Église, entre républicains ralliés et réactionnaires patentés. A travers l'épopée dérisoire d'une Jeanne d'Arc en bleu horizon, Jean-Yves Le Naour explore les rapports complexes entre foi, patriotisme et politique, sur fond d'une société traumatisée par la guerre et prête à tout croire pourvu qu'on lui promette la fin des combats.
Le 16 MARS 1914, vers 17 heures, une bourgeoise élégante descend d'une voiture à cocarde tricolore et pénètre dans l'immeuble du Figaro, rue Drouot. À peine entrée dans le bureau de Gaston Calmette, le directeur du journal, elle dégaine un browning de son manchon et vide son chargeur sur l'infortuné journaliste. Un fait divers? Loin de là! La meurtrière n'est pas n'importe qui : la propre femme du ministre des Finances, Joseph Caillaux, le chef du parti radical qui est en passe de prendre en main les destinées du pays. Commence alors le plus grand scandale politique que la France ait connu depuis l'Affaire Dreyfus. A partir des archives du procès, Jean-Yves Le Naour retrace les dessous judiciaires de cette affaire, qui tourne à un grand déballage entre vie privée et vie publique où le sang, le sexe et les coups bas politiques sont étroitement liés.
Hachette Littératures, Essais, 2007, 377 p.Prix Henri Hertz 2008 décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.
Prix Henri Hertz 2008 décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.
L’affaire Malvy : le Dreyfus de la Grande Guerre, Leonard V. Smith, Revue électronique du centre d’histoire de Sciences Po, n° 5, mai-août 2008.
Qui connaît Louis-Jean Malvy ? Celui qui fut pour la gauche un nouveau Dreyfus, un martyr du républicanisme est aujourd'hui oublié. Etoile montante du parti radical, ministre de l'Intérieur de 1914 à 1917 et artisan de l'Union sacrée, Malvy s'est efforcé d'obtenir la paix sociale dans la France en guerre en négociant avec la CGT tout en contrôlant les pacifistes plutôt qu'en les arrêtant. En 1917, quand la crise du moral survient, la droite nationaliste le désigne comme bouc émissaire pour expliquer tout à la fois l'échec du chemin des Dames, les mutineries des poilus, les grèves ouvrières et le développement du pacifisme. La Ligue royaliste d'Action française s'acharne : violeur, cocaïnomane, espion, amant de Mata Hari… les accusations les plus folles sont lancées contre le ministre qui doit démissionner sous les coups d'un Clemenceau exploitant cyniquement cette crise politique pour parvenir au pouvoir. Traduit en Haute Cour de justice en 1918, Malvy est condamné à cinq ans de bannissement au terme d'un procès inique qui constitue, pour la droite, la revanche sur l'affaire Dreyfus. Dans un pays en guerre rassemblé derrière un chef pour qui la fin justifie les moyens, l'innocence et la justice ne pèsent pas lourd face à la raison d'Etat. A travers le récit de l'affaire Malvy, Jean-Yves Le Naour s'attaque au mythe de l'Union sacrée et montre comment s'opère le basculement à droite de la France en guerre.
Constant M. Gabrielle M. Martine Bazenneyre / Jean-Yves Le Naour, préfacier, Imago, 2006, 243 p.
Des récits de rêves érotiques, des conseils de masturbation, des photos pornographiques, des poils pubiens ou des flacons de sperme joints au courrier… : la correspondance de Constant et de Gabrielle, époux séparés par la guerre, ne ressemble assurément à aucune autre. D'abord réformé en raison de sa santé fragile, Constant M. est mobilisé en février 1915. La mort dans l'âme, il quitte son village jurassien, son commerce de vins, et sa femme Gabrielle. Dès le début, les lettres sont quotidiennes. Elles racontent l'horreur des tranchées, les espoirs d'une fin prochaine de l'hécatombe, implorent le secours du Petit Jésus et de la Vierge. Les prières partagées, les médailles miraculeuses, tentent de conjurer le malheur. Mais, menacé par la dépression, Constant souffre trop. Il dévoile peu à peu l'étendue de sa frustration, tout en se refusant à aller voir les prostituées, comme sa femme le lui conseille. Gabrielle l'encourage à se confier davantage. Les prières cèdent alors la place aux confidences érotiques, les médailles à des colis plus singuliers : recettes de jouissance, photos et objets sexuels… Au cœur de la tourmente, dans l'échange complice de leurs fantasmes exacerbés par la distance, jaillit la force inattendue d'une grande passion amoureuse… A travers cette correspondance exceptionnelle, la guerre fera ainsi progressivement découvrir à ces époux, mariés depuis dix ans, une intimité qu'ils n'avaient jamais connue auparavant et qui cessera à la mort de Constant, à Salonique, en 1916.
Nouvelle édition chez France loisirs, Le corbeau : Histoire vraie d’une rumeur, 2006, 243 p.
De 1917 à 1922, une épidémie de lettres anonymes s'abat sur la ville de Tulle. Glissés dans les paniers des ménagères, abandonnés sur les trottoirs, les rebords des fenêtres et jusque sur les bancs des églises, ces centaines de courriers qui dénoncent l'infidélité des uns, la mauvaise conduite des autres alimentent toutes les conversations. Peu à peu, une atmosphère de suspicion empoisonne la ville : quel est donc ce mystérieux anonyme ? Que recherche-t-il ? Quand un greffier de la préfecture, troublé par la réception d’une lettre anonyme, perd la raison et meurt au cours d’une crise de démence, l’enquête policière s’accélère et la presse nationale se précipite à Tulle à la recherche d’un fait divers qui puisse passionner autant les Français que le procès de Landru qui vient de s’achever. Les feuilles à scandale ne se trompent pas : l’affaire des lettres anonymes de Tulle se révèle machiavélique et l’instruction riche en rebondissements, du suicide – ou de l’assassinat – d’une présumée coupable à la grande dictée des suspects organisée par un expert graphologue en passant par le dessaisissement du juge qui a eu la mauvaise idée de faire appel à un voyant pour y voir plus clair. Une fois le coupable identifié, ce fait-divers qui a défrayé la chronique aurait pu être oublié s’il n’avait servi de source d’inspiration à Henri-Georges Clouzot pour réaliser Le Corbeau en 1943, un film noir et maudit, peut-être le chef-d’œuvre du cinéma des années noires que les censeurs de la Libération ont stigmatisé pour avoir donné une image peu reluisante de la France occupée. Si le Corbeau a durablement éclipsé l’histoire dont il est issu, l’affaire des lettres anonymes de Tulle mérite mieux que l’oubli car la réalité, noire, surprenante, diabolique, dépasse sans doute la fiction de Clouzot.
Marseille 1914-1918 de Jean Yves le Naour édité par les Editions Qui Vive est un remarquable ouvrage historique qui retrace la vie des Marseillais durant les sombres heures de la Grande Guerre. Fresque sociale saisissante autant que livre de mémoire, il brosse en même tant un édifiant panorama des méandres et détours de l’âme humaine. En nous dévoilant les petites et grandes réalités de l’Histoire, l’ensemble nous renvoie en plein visage le reflet changeant de nos courages et de nos lâchetés. En effet, l’atmosphère particulière dans laquelle baigna la ville de Marseille tout au long des combats, surlignée par un usage intelligent d’extraits de journaux de l’époque, y est formidablement rendue.
Ce sont les conservateurs qui proposent en 1848 le vote familial, véritable stratagème électoral destiné à dépouiller le suffrage universel de ses potentialités réformatrices. Grâce à ce nouveau mode de scrutin, le père de famille peut déposer dans l'urne autant de bulletins de vote qu'il a d'enfants ; le célibataire, réputé politiquement plus à gauche que l'homme marié, ne vote qu'une fois, et la femme ne s'exprime que par l'intermédiaire des enfants qu'elle donne à son mari ! Ce projet ne restera pas dans les limbes : il est activement défendu pour éviter le vote des femmes. En 1923, les députés adoptent à une forte majorité le principe du vote familial ; en 1940, il se retrouve en bonne place dans le projet de constitution du régime de Vichy ; aujourd'hui encore, certains membres du Front national revendiquent cet héritage. Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti nous proposent une histoire politique et sociale renouvelée du droit de vote, à l'heure où les démocraties occidentales constatent une hausse sans cesse croissante de l'abstention électorale. Un regard salutaire sur une idée étonnante formulée pour vider de son sens le vote individuel.
Marcelle Le rouge / Jean-Yves Le Naour, préfacier, Hachette, 2004, 492 p.
Marcelle Lerouge a treize ans lorsque la guerre éclate. Elle commence alors à tenir un journal, qui est découvert par sa famille bien après sa mort, survenue en 1974. Ce journal constitue un témoignage exceptionnel sur les représentations du conflit à l'arrière, sous l'influence de la presse d'information, de la rumeur publique et de la propagande officielle. Dans cette " guerre de la civilisation contre la barbarie ", non seulement la France ne peut pas perdre mais la victoire doit être totale et tout doit être mis en œuvre pour lutter contre un ennemi dématérialisé et déshumanisé. Commencé le 1er août 1914, au premier jour de la guerre, le journal s'achève le 11 novembre 1918 avec le sentiment qu'une période exceptionnelle est close. " Le témoignage de Marcelle Lerouge exprime très clairement, avec la naïveté d'une adolescente, ce qu'une grande partie des Français ont ressenti, vécu et pensé de la guerre. Il porte l'espoir d'un monde plus beau paradoxalement bâti dans la haine et le sang. " Jean-Yves Le Naour.
Exposition : Oser la liberté – Figures des combats contre l’esclavage.
Le Baron et l’Empereur – Japon, la voie de la guerre
Le réseau Comète
Gisèle Halimi l’insoumise
L’Affaire Markovic, Jean-Yves Le Naour
L’ Affaire Markovic
Halimi à la plage
A tribord, toute !
1922 – 1929 : les années folles ?
BD : Hubert Germain
Exposition
Exposition « Le Soldat inconnu« , à l’occasion du 100e anniversaire de l’arrivée du Soldat inconnu à l’Arc de Triomphe, du 12 novembre 2020 au 2 janvier 2022.
Rééditions
La série Charles de Gaulle (quatre tomes), réédition en intégrale le 28 avril 2021.